On running a travel sketchbook workshop in Yunnan — and what my students taught me right back.

Yunnan Province  ·  April 2026  ·  5 min read

There is an old saying I keep coming back to: teach what you most need to learn. I didn’t fully understand it until I found myself standing in the ancient streets of Shuhe, Yunnan, with a small group of French and Belgian sketchers gathered around me — brushes ready, pages blank, eyes wide open.

I was there as their teacher. But from the very first morning, the roles started blurring in the best possible way.

Every day followed a beautiful rhythm: sketching in the morning light, wandering through villages, sharing pages over lunch, sketching again. The group was a mix of levels and backgrounds — some more experienced than others in sketching, some picking up a watercolour brush for the first time in years. My job was not to make them all draw the same way. My job was to make each of them feel at home on their own page.

“I don’t want them to sketch like me. I want them to sketch like themselves.”

That’s harder than it sounds. As a teacher, every instinct pulls you toward demonstrating, correcting, guiding toward a result that looks a certain way — your way. But good teaching in a sketchbook workshop means resisting that. It means watching closely, asking questions, understanding what each person is drawn to, helping when asked for, and then stepping back to let them find and finish “it”.

And in doing that — in trying to articulate things I usually just do instinctively — I learned more than I expected. Why do I choose this colour over that one? Why do I leave certain things out? Color preferences are very personal. What actually makes a sketch feel alive rather than just accurate? When you have to explain your process to someone else, you have to understand it yourself, properly, maybe for the first time.

What travel sketching gives you — wherever you are in the journey

  • →Learning to see — what is beauty for each of us? Where’s the light and shadow?
  • →Drawing with intention: telling your story, not reproducing someone else’s postcard.
  • →Slowing down, sitting still — the best antidote to tourist fatigue there is.
  • →Sketching in full immersion: the light, the smells, the sounds all feed into the page and you’ll better remember your trip afterwards.
  • →Connecting with locals — a sketchbook opens conversations no camera ever does. Drawing is a universal language.
  • →Silencing the inner critic. The point is never to draw “well.” It’s to draw. And it will always be good.
  • →Coming home with something unique full of memories, handmade, unrepeatable, and entirely yours.

By the end of the week, every sketchbook in the group looked different. Genuinely different — different palettes, different compositions, different relationships with line and wash and white space. One person had discovered a love of loose gestural marks. Another had found their confidence with architecture. Someone else had quietly abandoned the buildings altogether and was only sketching athmosphere details and making collages.

That’s what success looks like in this kind of workshop. Not a group of pages that could have come from the same hand. A group of pages that could only have come from these specific people, in this specific place, on these specific days.

Yunnan gave us an extraordinary canvas to work from: the ancient wooden architecture of Shuhe, the mountain light that shifts every hour, the textures of stone and moss and terracotta roof tiles. But the real subject, always, was learning to trust yourself with a brush in your hand.

Another inspiring moment was sketching with the urbansketchers of Kunming, and meeting artist Li Kunwu.

I came as the teacher. I left as a student, too. That’s the deal, every single time — and I wouldn’t have it any other way.

En stage de carnet de voyage au Yunnan — et ce que mes élèves m’ont appris en retour.

Province du Yunnan · Avril 2026 · 5 min de lecture

Il y a un vieux dicton auquel je reviens sans cesse : “enseigne ce que tu as le plus besoin d’apprendre”.  Je ne l’avais pas vraiment compris jusqu’au jour où je me suis retrouvée dans la Province du Yunnan, les rizières, les ruelles anciennes de Dali, Lijiang et Shuhe, au Yunnan, avec un petit groupe de croqueurs français et belges rassemblés autour de moi — pinceaux en main, pages blanches, regards et coeurs grands ouverts.

J’étais là en tant que leur professeure. Mais dès le premier matin, les rôles ont commencé à se brouiller — de la plus belle des façons.

Chaque journée suivait un rythme magnifique : après le petit-déjeuner et le café, croquis à la lumière du matin, flâneries dans les rizières, jardins, temples ou villages, partage des carnets et puis toujours un excellent déjeuner, puis croquis à nouveau. Le groupe réunissait des niveaux et des parcours très variés — certains plus expérimentés que d’autres, certains reprenant un pinceau aquarelle pour la première fois depuis longtemps. Mon rôle n’était pas de les faire tous dessiner de la même façon. Mon rôle était de faire en sorte que chacun se sente chez soi sur sa propre page.

« Je ne veux pas qu’ils dessinent comme moi. Je veux qu’ils dessinent comme eux-mêmes, en trouvant leur style, avec leurs couleurs préférées. »

C’est plus difficile qu’il n’y paraît. En tant que professeure, chaque instinct vous pousse à démontrer, corriger, orienter vers un résultat qui ressemble à une certaine façon de faire — la vôtre. Mais bien enseigner dans un atelier de carnet de voyage, c’est résister à cela. C’est observer attentivement, poser des questions, comprendre ce vers quoi chaque personne est attirée, intervenir quand on vous le demande, puis prendre du recul pour les laisser trouver et achever « leur » carnet.

Et ce faisant — en essayant de mettre des mots sur ce que je fais habituellement par instinct — j’ai appris bien plus que prévu. Pourquoi est-ce que je choisis cette couleur plutôt qu’une autre ? Pourquoi est-ce que j’omets certaines choses ? Les préférences de couleurs sont très personnelles, et chacun a sa propre ligne, comme sa propre écriture. Qu’est-ce qui donne à un croquis l’impression d’être vivant plutôt que simplement juste ? Quand on doit expliquer son processus à quelqu’un d’autre, on doit d’abord le comprendre soi-même, vraiment, peut-être pour la première fois.

CE QUE LE CARNET DE VOYAGE VOUS APPORTE — OÙ QUE VOUS EN SOYEZ DANS LE PARCOURS

→ Apprendre à voir — qu’est-ce que la beauté pour chacun d’entre nous ? Où sont la lumière et l’ombre ?

→ Dessiner avec intention : raconter votre histoire, et non reproduire la carte postale de quelqu’un d’autre.

→ Ralentir, s’asseoir — le meilleur remède à la fatigue du touriste.

→ Dessiner et voyager en immersion totale : la lumière, les odeurs, les sons nourrissent la page, et vous vous souviendrez bien mieux de votre voyage par la suite.

→ Entrer en contact avec les habitants — un carnet ouvre des conversations qu’aucun appareil photo ne saurait provoquer. Le dessin est un langage universel.

→ Faire taire le critique intérieur. L’enjeu n’est jamais de dessiner « bien ». C’est de dessiner. Et le résultat sera toujours bien.

→ Rentrer avec quelque chose d’unique, chargé de souvenirs, fait main, irremplaçable, et entièrement vôtre.

À la fin de la semaine, chaque carnet du groupe était différent. Vraiment différent — des palettes différentes, des compositions différentes, des rapports différents entre le trait, le lavis et le blanc de la page. 

C’est à ça que ressemble le succès dans ce type d’atelier. Non pas un ensemble de pages qui auraient pu sortir de la même main. Un ensemble de pages qui ne pouvaient venir que de ces personnes précises, dans ce lieu précis, en ces jours précis.

Le Yunnan nous a offert une toile extraordinaire : l’architecture de bois ancienne de Shuhe, la lumière de montagne qui change d’heure en heure, les textures de pierre, de mousse et de tuiles en terre cuite. Mais le vrai sujet, toujours, c’était d’apprendre à se faire confiance, pinceau en main.

Un autre moment inspirant a été de croquer aux côtés des urbansketchers de Kunming, et de rencontrer l’artiste Li Kunwu. On ne parlait pas la même langue, mais on communiquait par le dessin.

Je suis venue en tant que professeure. Je suis repartie en tant qu’élève, moi aussi. C’est le deal, à chaque fois — et je n’en voudrais pas autrement.

in shuhe

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